À propos

KEVIN ZAAK [kévœn zaak], Rouyn-Noranda 1969, homme à l’aube de la quarantaine. Montréalais de cœur. Bricoleur d’histoires-fleuve, coureur de fond, pour le plaisir, et navigateur aguerri en dérive amoureuse. Curieux, pointilleux, angoissé. Un volcan qui tremble sous la banquise en imaginant l’éruption. Il sait se taire pour écouter et a traversé des tempêtes. Il gagne donc dans sa vie en écoutant les histoires des autres et en jouant les garde-fous. Quand il est lui-même secoué, il recherche la compagnie de la nature qui sait se taire, mieux que quiconque.

Ils ont dit :

Une imagination maladive, un monstre d’égoïsme.
Monique Comte, mère

Oh, lui, c’est mon rayon de soleil !
Catherine, collègue de travail

A really handsome guy.
Stef de Berlin, amant

7 questions à Kevin Zaak

1. Tu as choisi d’intituler ton blogue La face cachée, qu’est-ce que tu caches ?

Tout. Le secret est une mauvaise habitude qui me colle à la peau, même s’il est illusoire. Pour devenir adulte, il m’a fallu traverser une succession de « coming-out ». C’est souvent des coups durs qui m’ont jeté au-devant de la scène de ma vie. Heureusement, puisqu’on ne peut passer sa vie seul dans un placard. Pourtant, plus je me dévoile, plus je réalise qu’il en reste à dévoiler. Même les mots les plus habiles ne parviendront jamais à cerner ma réalité. On ne peut jamais tout dire, même lorsque l’on parle de soi. Il y a des psys qui appellent ça le noyau silencieux. C’est ce cœur sombre que je veux explorer.

2. À 40 ans, crois-tu encore à l’amour ?

J’ai tendance à croire, comme l’a dit un de mes amis, que l’amour romantique est une construction de l’esprit. Une construction de l’esprit dans laquelle le corps se complaît. Mais à bien y penser, ça ne lui enlève rien de son charme, ni de sa valeur. Je crois toujours que l’amour court dans nos veines. Qu’il est la source de toutes nos bassesses et de toutes nos grandeurs. Le fait d’avoir 40 n’y change rien. C’est un peu décevant. Je pensais qu’en entrant dans une nouvelle décennie, j’allais atteindre une certaine sagesse et m’approcher de la sérénité. Il n’en est rien. C’est juste un chiffre bien rond pour se rappeler que le temps file, que le temps presse.

3. Pourquoi choisir d’écrire un blogue ?

Je vis dans une ville. Tous les jours, je dérive dans la foule, bien abrité dans ma bulle, sous mes écouteurs. C’est inévitable d’être seuls ensemble, je crois, lorsqu’on vit les uns sur les autres. Au milieu de cette solitude, les blogues forment une trame de champs cultivés. On s’y bricole des barrages pour canaliser des rivières d’informations. Le Web en entier devient un arbre à palabres dont la présence rassure. Un vieil arbre aux racines qui étreignent le cœur du monde et aux branches qui partent dans toutes les directions. Même quand il ne donne pas de fruits, on le prend en affection. Mon blogue est le jardin que je n’ai pas. J’y sème des images, des sensations ; j’y récolte des histoires et parfois, quand le printemps est propice et que j’ai de la chance, les liens qui se tissent. En écrivant, j’apprends à écrire. En racontant ma vie, j’espère apprendre à vivre.

4. N’est-ce pas un peu exhibitionniste de vouloir raconter sa vie ?

Écrire un blogue c’est comme danser, chanter à tue-tête ou faire du théâtre. Si c’est de l’exhibitionnisme, pourquoi pas ? J’ai plutôt tendance à voir l’écriture d’un blogue comme une envie de partage et une preuve de générosité. Je suis d’une nature assez prude et me dévoiler est un travail ardu. Le désir de plaire est le piège qui guette tous les blogueurs. Mais qui ne risque rien, n’a rien. Jusqu’ici, confronter mes mots et ma réalité aux regards de lecteurs m’a permis de briser des barrières et de me découvrir différent.

5. D’où te vient le nom Kevin Zaak ?

En 1993, j’ai écrit pour le premier journal gai de l’UQAM. Il s’appelait Homo Sapiens. Pour la première parution, on a signé nos articles par des pseudonymes. J’ai trouvé Kevin Zaak, un peu au hasard, en fouillant dans un vieux magazine. C’est un nom cosmopolite qui sonne comme une onomatopée. Kevin provient du gaélique Caoimhim, bien né. Et Zak, en polonais, signifie enfant de chœur. Explorer la face cachée d’un enfant de chœur, c’est un point de départ intéressant pour un blogue. Je vais donc parcourir mes zones d’ombre autant que mes façades clinquantes. Traquer la belle et la bête.

6. Quelle est ta perception du VIH ?

C’est un virus insignifiant comme il en existe des milliards . Il n’est pas le plus létal, ni le plus virulent. Il ne survit même pas à l’air libre. Mais il a eu le génie de tabler sur les plus mauvais côtés des êtres humains : leur peur de la différence, leur propension à exclure. En touchant d’abord les marginalisés, il a fait de son histoire un « Success Story ». En 2009, c’est encore la peur de l’autre et la haine de soi qui propagent le Sida.

Dans ma vie, l’arrivée du VIH a été un ouragan. J’ai mis près d’une décennie à pouvoir le regarder en face. Le bon côté des ouragans, c’est qu’ils font place nette. Ils mobilisent nos forces et finissent par nous ouvrir le cœur, de force, s’il le faut. Maintenant, on est lié lui et moi, pour le meilleur et pour le pire.

7. À quoi tu rêves, Kevin Zaak ?

Je rêve de faire la paix avec moi-même, mais si je sais que c’est le travail d’une vie. Je rêve de pouvoir dire, quand je vieillirai, que j’ai aimé au maximum de mes capacités. Je rêve que dans mes pas, il y ait des sourires et un parfum d’humanité. Je rêve d’avoir un chien, 500 CD4 et un grand jardin. Et je rêve d’y noircir du papier en écoutant les cigales jusqu’à 120 ans.

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4 avis sur « À propos »

  1. Je me délecte donc à l’avance de la saveur de tes mots et des couleurs de tes images… prêt à sillonner le jardin…
    Mais Kevin, franchement ça le fait pas! Ici tous les gamins (enfin surtout les plus bêtes!) de 12 à 20 s’appellent comme ça!!

  2. Je sais, je l’ai découvert en faisant de la recherche sur l’étymologie du nom. Mais ça ne me déplait pas. Quand j’essaie de comprendre la logique de Drupal, je me sens tout à fait Kevin. (Et puis, si ça donne un côté comique, je l’assume.)

    Ici le prénom n’a jamais été aussi populaire qu’en France. Il n’a pas la même connotation négative. Il y a beaucoup d’irlandais à Montréal. Et je me sens des affinités avec cette culture. (Le pouvoir catholique, l’oppression des anglais, le danger de l’assimilation sont des points communs avec le Québec). J’aime la Guiness et je trouve que les roux sont particulièrement craquants !

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